Critiques et courants de pensées, 08/11/10.

Publié le par l1infocom.2010.2011.over-blog.net

 

Le portrait de Dorian Gray, (film d'Albert Lewin USA (1945)), 1891 d'Oscar Wilde.

Dorian Gray demande à un de ses amis peintre de réaliser son portrait. Devant sa grande beauté, il va échanger sa vie avec l'image du portrait.

Première idée : le portrait va vieillir, se rider, dégrader à la place de Dorian Gray, et celui-ci préserve une jeunesse éternelle. Deuxième point, le portrait va aussi traduire, exprimer, montrer la réelle personnalité de Dorian Gray. Ça veut dire que lorsque Dorian Gray commet quelque chose de mal, le portrait va s'enlaidir, la laideur du portrait traduit la laideur morale de Dorian Gray. Superposition du bien et du beau à coté ainsi que du mal et du laid.

Ses amis finissent par se poser des questions alors Dorian Gray va finir par montrer le tableau au peintre. Dans l'adaptation du film, on se demande si on doit montrer le portrait, comment le montrer, etc.

Dans le film, le tableau corrompu a été peint par Ivan Albright (« Le portrait de Dorian Gray), 1943/1944).

Un autre film réadapté a été fait sur cette histoire en 2009 par Oliver Parker, le film a été renommé « Dorian Gray ». Le spectateur est mis dans une position de caméra subjective, à travers le tableau.

 

Le sentimentalisme.

 

Caspar David Friedrich, « Cimetière de monastère dans la neige », 1819

Il peint des paysages qui ne sont pas des imitations de la réalité. Le but devient autre qu'imiter, il s'agit d'exprimer (cela remplace l'imitation). On cherche à ressentir quelque chose devant les oeuvres d'arts. On s'adresse d'abord aux émotions et non à la raison.

Sur le tableau il y a une église en ruine, beaucoup de contraste noir et blanc ainsi que des moines qui ressemblent dans le paysage de neige à des pierres tombales.

 

Caspar David Friedrich, « naufrage », 1822 et « la grande réserve », 1832.

Ce n'est pas non plus un paysage réel. Il s'agit de créer un sentiment d'inquiétude à travers ce tableau.

L'abbé Dubos, livre « réflexions critiques sur la poésie et la peinture », 1719.à l'époque de l'abbé Dubos, l'esthétique classique pose des principes qui doivent être respectés. Il va aller contre cette esthétique classique. Ce qui compte avant tout selon lui c'est l'expérience.

 

Citations :

« S'il est quelque matière ou il faille que le raisonnement se taise devant l'expérience, c'est assurément dans les questions qu'on peut se faire sur les mérites d'un poème ».

Cela signifie que le raisonnement doit se taire, ce qui compte c'est l'expérience. On peut parler de ce que l'on a ressenti mais on ne peut pas faire un raisonnement. Ainsi lorsque deux personnes de sont pas d'accord sur un point de vue, il dit qu'elles ne seront jamais d'accord.

C'est d'une certaine manière la définition du relativisme.

 

« Le sentiment enseigne bien mieux si l'ouvrage touche et s'il fait sur nous l'impression qu'il doit faire que toutes les dissertations composées par les critiques pour en expliquer le mérite et pour en calculer les imperfections et les défauts ».

 

« L'ouvrage plaît-il ou ne plaît-il pas ? L'ouvrage est-il bon ou mauvais en général ? C'est la même chose. » La mesure de la qualité d'une oeuvre devient notre plaisir. Pas de différence entre le plaisir ressenti et la qualité de l'oeuvre. Cette esthétique sentimentaliste vide l'idée de goût de tout son sens, cela n'a plus de sens de parler de bon/mauvais goût. Le relativisme esthétique, en général, c'est l'opinion des gens qui n'ont pas de goût.

 

La beauté selon Kant.

 

Emmanuel Kant, « critique de la faculé de juger », 1790.

Le plus grand philosophe de tout les temps. Tout les livres d'esthétique commencent à reconnaître l'importance de Kant. Son livre semble incontournable. Dans son livre, il critique le relativisme. Il défend une conception subjective de la beauté.

 

Première idée de Kant : A quoi reconnaissons nous qu'un objet est beau ? Au plaisir que nous éprouvons devant cet objet. Le sentiment de plaisir est le critère de la beauté. Le jugement esthétique n'est donc pas un jugement de connaissance. Ce jugement ne repose pas sur des principes logiques. Pour autant le beau n'est pas l'agréable, il ne faut surtout pas les confondre car dans les deux cas, on ressent bien du plaisir.

 

Le beau n'est pas l'agréable.

 

L'agréable :

Intérêt particulier → plaisir sensible → « C'est agréable ! »

Le beau :

Communicabilité universelle → « C'est beau ! » → plaisir esthétique

 

 

Le plaisir sensible vient en fait de la satisfaction d'un intérêt particulier. Nous avons tous des intérêts différents, donc nous ne portons pas tous le même jugement d'agréable sur les choses.

Dans le beau, le jugement esthétique vient avant et il est la cause du plaisir.

 

Exemple du sachem d'iroquois (chef spirituel indien) :

On a fait voyager en Europe un indien d'Amérique du nord. Quand on lui a montré Paris, tout l'a laissé impassible sauf une chose : les rôtisseries car elles sont agréables à regarder.

 

D'ou vient le jugement de beauté ? Quand nous déclarons que quelque chose est beau, nous attendons des autres qu'ils soient d'accord avec nous. Nous ne tolérons pas facilement la divergence des points de vue. Si l'autre est pas d'accord avec nous, on veut discuter de la beauté. C'est à ça que l'on reconnaît la beauté. Cela ne veut pas dire que l'on sera tous d'accord mais seulement que l'on cherche à être d'accord, a avoir un accord universel.

Communicabilité universelle, la beauté nous découvre un accord, une possibilité de communication.

 

On peut alors voir un point commun entre beauté esthétique et moralité. Dans la moralité, il y a un décalage entre ce que l'on fait et ce que l'on devrait faire.

Exemple : le mensonge, on peut considérer que tout le monde ment. Néanmoins, on ne peut pas en déduire que le mensonge est normal, l'exigence morale ne perd pas sa valeur. On est jamais d'accord sur la beauté alors qu'on devrait tous être d'accord.

 

Citation : « Je dis que le beau est le symbole du bien morale  et que c'est seulement à cet égard qu'il plaît en faisant preuve d'une prétention à l'assentiment de tous les autres ». (critique de la faculté de juger, paragraphe 59).

 

 

 

III) La beauté dans l'art contemporain.

 

Beauté objective

Beauté subjective

La beauté mathématique

La beauté ambiguë

La beauté naturelle

Le sentiment de la beauté

La beauté corporelle

La beauté symbole du bien

 

Dans l'art contemporain, on retrouve toutes les catégories sauf celle de Kant (« la beauté est symbole du bien »).

 

La beauté mathématique.

 

Charles-Edouard Jeanneret dit « le corbursier » (1887/1965). Il va utiliser le nombre d'or pour se créer sa propre unité d'architecture qui est le « modulor » qui correspond à une unité de mesure harmonieuse. Il calcule qu'un homme est esthétiquement beau lorsqu'il mesure 1m83.

 

Unité d'habitation de grandeur conforme, La « cité radieuse » ou encore « La villa Savoye » à Poissy.

 

La beauté du monde.

 

La photographie met le mieux en avant cette beauté.

 

On veut rapprocher la photographie de la peinture en introduisant de la subjectivité car elle n'était pas considérée comme un art au début mais comme un moyen technique.

Albert Renger-Patzsch, « Die Welt ist schön » (le monde est beau), 1928, amène la nouvelle objectivité (opposée au pictorialisme) qui est une tentative de faire un art sans introduire de la subjectivité mais en utilisant la représentation la plus objective possible de la réalité. Il a l'idée que les objets de la vie quotidienne peuvent être transfigurés par la photographie. La nouvelle objectivité célèbre le monde sans mettre en avant de la peau, de la maladie, etc.

 

La beauté des corps.

 

La danse met le mieux en valeur cette beauté. Au moyen âge, on déformait le corps pour qu'il ressemblent à notre vision du monde et qu'il entre en résonance avec le reste du monde.

 

« La danse c'est le mouvement, qui est vie, beauté, qui est amour, proportion, qui est puissance […] Danser, c'est se sentir une part du monde cosmique, enraciné dans la réalité intérieur de l'être spirituel ». Denis Darzacq, « La chute », 2005, et « hyper », 2007.

 

La beauté ambiguë.

 

Artiste française, Orlan « Le baiser de l'artiste », 1977.

 

Urs Lüthi, « Tell me who stole your smile », 1974.

 

Roland Fischer, « Los angeles portraits », 1993. Il décide de prendre en photo que des femmes de millionnaires bien maquillées dans leur piscine. Il a réussi à dépersonnaliser ces portraits très réalistes.

 

Le sentiment de la beauté.

 

Le mouvement l'expressionnisme abstrait. L'artiste anglais, Barnett Newman enveloppe le spectateur dans un champ de couleur avec ses oeuvres immenses. Il veut créer face à l'oeuvre une expérience irrenplacable. Un autre artiste (Mark Rothko) met l'accent sur la couleur.

 

 

Conclusion :

 

L'échec de l'universalisme subjectif (pourquoi Kant s'inspire pas).

             Première raison : Kant reliait beauté et moralité, aujourd'hui, les oeuvres d'art qui portent un message moral sont souvent violentes et difficiles à regarder (donc pas de beauté).

            Deuxième raison : Kant veut combattre le relativisme, or le contraire de relatif ce n'est pas « universel » mais « absolu ». A l'époque de Kant l'art devient une quête de l'absolu en partie à travers le romantisme.

 

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