Économie contemporaine, 03/12/10.

Publié le par L1 Infocom, Cru 2010/2011.

mail : gregory.vanel@univ-savoie.fr

 

Dans ce cours, on va s'intéresser à deux ressources : le pétrole et l'eau. On va avoir une représentation cartographiée du territoire. Les conflits entre les acteurs sociaux et les politiques peuvent s'expliquer par différentes conception du territoire. Pour les ressources, on a le même phénomène avec la question de l'accès à la ressource.

1913 : date majeure de l'histoire énergétique mondiale, la marine anglaise bascule à l'énergie du pétrole. Néanmoins, il n'y a pas de pétrole en Angleterre ainsi il faut varier le type de ressources car il ne faut pas être dépendant. Se pose alors la question de la sécurisation de l'accès.

 

Pétrole :

  • 37% de la consommation mondiale d'énergie.

  • Deux tiers d'énergies non renouvelables consommées dans le monde.

  • Pic de production attend un peu partout.

  • Une géopolitique du contrôle de la production et de la distribution.

 

Notre époque sera considérée comme étant l'âge du pétrole dans quelques décénies. Au niveau de la production , on a atteint le pic un peu partout dans le monde ainsi la production ne pourra que diminuer dorénavant.

 

Plan de la séance :

 

I) Un produit stratégique.

  • Une offre incertaine.

  • . et déclinante.

  • Une forte dépendance des consommateurs.

II) Un marché mondialisé.

  • Une concentration des producteurs et des consommateurs.

  • Une relative polarisation des producteurs et des consommateurs.

III) La puissance au coeur des préoccupations des acteurs.

  • Une alliance structurante.

  • Le rôle des grandes firmes pétrolières.

  • De nouvelles contraintes.

IV) Des turbulences majeures.

  • Une source de conflits.

  • Un nouveau triangle géopolitique.

 

  1. Un produit stratégique.

 

1) Une offre incertaine.

 

Ce produit stratégique a une offre incertaine car on sait jamais quelle quantité sera offerte car la façon dont on évalue les réserves est elle même incertaine. L'autre énergie qui remplaçait le mieux le pétrole par le passé était l'énergie musculaire.

 

Il existe 3 types de ressources concernant le pétrole :

  • Les ressources prouvées qui amènent des réserves prouvées. Le coût pour extraire le pétrole reste inférieur à son utilisation/sa revente.

  • Les ressources probables qui amènent des réserves probables. L'exploitation de cette ressource dépend du prix du baril de pétrole.

  • Les ressources possibles qui amènent des réserves possibles.

Le progrès technique a un impact sur la hausse des réserves. Quand le prix du pétrole augmente il y a plein de gisements qui n'étaient pas rentables qui le deviennent. La découverte de nouveaux gisements augmente aussi les réserves disponibles.

 

En 2005, une étude a été produite pour montrer que les quantités de pétrole extraites sont faibles par rapport au pétrole encore disponible. À 85 dollars le baril, actuellement toutes les réserves disponibles sont rentables (voir graphique). On peut alors dire que les réserves disponibles aujourd'hui sont gigantesques. Deux facteurs clés : le coût de production et le prix du baril. Aujourd'hui, les réserves sont estimées à 40 ans.

 

Depuis les années 50/60, on fait que des découvertes marginales de gisements de pétroles.

La quantité de réserves disponible évolue dans le temps. Elles ne font qu'augmenter depuis 1950 et on aurait alors un peu plus de 1 300 milliards de barils de pétrole en réserve.

 

TEP : unité de mesure de l'énergie qui est harmonisée et qui permet la comparaison entre le pétrole et le charbon. On évalue alors les quantités de charbon disponibles comme si c'était du pétrole.

 

Localisation des réserves (graphique) :

Les réserves (de pétrole conventionnels) sont essentiellement concentrées au moyen orient d'où la nécessité d'avoir un accès à ces pays.

 

Offre de pétrole incertaine à cause du type de pétrole disponible, de l'estimation des réserves, localisation des réserves au même endroit. Cette offre incertaine est liée a un problème technique. L'année dernière nous avons atteint un pic de production mondiale, dès lors la production devrait être déclinante.

 

Le pic de Hubbert (graphique).

Premier pays à avoir atteint le pic est l'Autriche en 1955.

D'après le graphique, on peut qu'il ne reste pas beaucoup de pays qui n'ont pas encore atteint leur pic de production. Dans 10 ans, la Norvège aura épuisé tout ses gisements.

 

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      1. Une forte dépendance des consommateurs.

 

La demande est alors déterminante et a extrêmement augmenté durant le 20è siècle. En 1880, il y a 100 000 barils consommés par jour. En 1910, on est a 1 000 000 de barils par jour. En 1950, 10 000 000 de barils par jour. En 1973, 57 000 000 de barils par jour. En 2000, 75 000 000 de barils par jour. On estime que dans 10 ans, la consommation de barils sera de 115 000 000 par jour.

Il y a 1/3 de la consommation d'énergie mondiale qui est faite de pétrole (35%), ensuite on a le gaz naturel (24%), les combustibles (le bois) (11%), le nucléaire (6,9%) et 6% pour les autres énergies restantes.

 

Tout cela s'explique par deux éléments clés économique qui sont liés par l'élasticité.

  • L'élasticité-prix : Quand le prix baisse ou augmente la consommation varie. Pour le pétrole la consommation varie très peu car nous avons tous besoin de la même quantité de pétrole au quotidien. On ne peut pas substituer cette énergie à une autre énergie car on en a besoin.

 

  • L'élasticité-revenu : à long terme elle est égale à 1.

 

Le pétrole est la base de la croissance économique. Quelque soit le prix, la consommation de pétrole variera très peu car c'est un produit stratégique.

Les pays du nord vont chercher à luter contre cette dépendance. On peut chercher des énergies pour remplacer mais cela coûte très cher (se diversifier). On peut alors aussi faire des économies d'énergies, ce que l'on appelle l'intensité pétrolière (mesure la quantité de pétrole nécessaire à un pays, sa dépendance). L'intensité pétrolière de pays riches à fortement baissée, elle a été diminué par deux environ. 1 000 dollars de valeur ajoutée = 100 kg de pétrole. Entre 1973 et 1999, l'intensité énergétique de la France a baissé de 20%., pour la même quantité de marchandise produit, on consomme 60% de moins.

 

Cela s'explique par des technologies plus efficace pour la production et la conservation du pétrole. De plus, il y a un développement de la tertiarisation. Néanmoins, le transport nécessité toujours la même consommation et intensité de consommation de pétrole en France (il constitue 54% de sa consommation). Très grande difficulté à substituer le pétrole à une autre énergie.

 

  1. Un marché mondialisé.

 

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      1. Une concentration des producteurs et des consommateurs.

 

On remarque qu'en terme de réserve, il y a une part prépondérante qui est localisée au moyen orient. On remarque aussi que les lieux de production sont aussi localisés en Afrique, Asie. L'Europe produit beaucoup moins de pétrole et elle est donc obligée d'importer. Il y a trois grandes zones consommatrices de pétrole et trois grande zones productrice de pétrole.

USA : ¼ de la consommation mondiale.

Europe :17% de la consommation mondiale.

Japon :6,3% de la consommation mondiale.

Chine : 9% de la consommation mondiale.

 

Pour les producteurs il y a deux problèmes :

  • Syndrome hollandais, on découvre beaucoup de gaz dans le pays, ainsi le pays se spécialise dans la production de gaz et délaisse ses autres marchés. Le risque est alors de devoir mono-exportateur et de devoir importer tout le reste. Il est très difficile d'éviter se phénomène car c'est un marché très rentable.

  • Problème du partage de la rente pétrolière : Il y a un afflût de devises dans ces pays exportateurs et il y a donc un développement des inégalités sociales. Cela devient une cause de grands conflits majeurs car il y a un problème de partage de ressources. Le problème est alors de ne pas être dépendant d'une seule zone de production.

Pour les pays consommateurs, le contrôle de la production est un problème majeur, il faut dépenser énormément pour sécuriser le transport du pétrole. On va sécuriser à l'aide de grandes firmes, on sécurise les grands détroits maritime. On va toujours prévoir un stock d'environ 3 mois en cas de problèmes. Il y a une préférence pour le circuit court, stratégie consistant à importer de pays producteurs proches. Ainsi, les USA ne sont dépendant qu'à 20% de la production du moyen orient.

80% de la production du Mexique va aux USA, 100% de la production du Canada va aux USA. Si l'Europe est en train de devenir très écologiste c'est parce qu'elle sera bientôt très dépendante de la Russie. Il y a une régionalisation du marché du pétrole.

 

La production à la consommation est polarisée. Les USA vont organiser le marché du pétrole à l'aide de grande firmes. Amérique du nord : 25%, Europe 17% et Asie = 3 pôles.

On sait qu'il y a certains producteurs qui sont en déclin, donc les pays doivent se rapprocher des producteurs qui sont en croissance.

 

  1. Une relative polarisation des producteurs et des consommateurs.

 

Les consommateurs peuvent peser sur le prix ce qui oblige les producteurs à s'organiser.

L'OPEP. Au départ il n'y a que 5 pays : Iran, Venezuela, Koweït, Arabie Saoudite, Irak qui en ont marre de vendre leur pétrole à bas prix alors qu'il est revendu 10 fois plus cher aux consommateurs. Ils mettent en place une politique de quota pour augmenter leur rentabilité et qui sera à l'origine du premier choc pétrolier. Les pas membres de l'OPEP ont alors un impact sur le prix du baril. Le problème c'est que cette politique de quota fonctionne que parce qu'elle est basée sur les réserves de chaque pays. Or, il est intéressant de gonfler (artificiellement) ses réserves, donc le prix du quota était toujours trop élevé. L'OPEP pèse alors peu sur les prix depuis une vingtaine d'année. Le production de pétrole conventionnel va à nouveau se concentrer sur les pays membres de l'OPEP. Relative polarisation de l'offre et réelle polarisation de la demande. C'est la capacité à contrôler l'offre qui déterminera la production et sa gestion. Il y a alors une alliance qui se crée entre l'Arabie saoudite et les USA (premier producteur et premier consommateur). Pendant les années 40, les USA vont se lier avec une autre famille, ils leur garantissent le pouvoir sur la péninsule si celle-ci leur donne un accès libre et non faussé à leur pétrole pour tout les pays du monde.

 

III) La puissance au coeur des préoccupations des acteurs.

 

1) Une alliance structurante.

 

L'alliance américano-saoudienne.

 

Une alliance qui date des années 30.

 

L'Arabie saoudite :

  • Un swing producer.

  • Une autorité dans le monde arabe.

Les USA :

  • Monopole de la sécurisation de la zone.

  • Mais un lent processus de désintérêt réciproque.

 

Il y a un désintérêt réciproque de ces deux pays l'un envers l'autre depuis quelques années.

 

2) Le rôle des grandes firmes pétrolières.

 

Les grandes firmes vont chercher a effectuer des contrats avec les producteurs de pétrole. Actuellement, 5 firmes contrôlent la majorité des transports lié au pétrole. Les 10 plus grandes firmes détiennent à elles seules 60% des réservés mondiales, ce sont donc elles qui font le prix du marché. Or, le coût d'acquisition des firmes n'est pas identiques selon les zones. La puissance passe par les grandes firmes de pétrole puisque leurs bénéfices sont en général très supérieurs au pib des pays producteurs. Tout cela pose des contraintes.

 

3) De nouvelles contraintes.

 

La question du développement durable. Le rechaussement climatique.

 

Si on ne diminue pas son investissement dans le pétrole le plus cher et le plus proche du pays, on ne peut pas respecter le traité de Kyoto. Le canada ne pourra actuellement pas le respecter.

 

La fonte des glaces dans un passage stratégique mondial (entre le Canada et les USA) va considérablement réduire le coût de transport dans cette zone et permettent donc des économies quant au transport du pétrole.

 

Ces nouvelles contraintes sont source de conflits :

  • Le problème du contrôle du golfe Persique : En permanence, le pétrole d'Arabie saoudite, Iran, Koweït, Irak, etc circule. Ce détroit est extrêmement stratégique. À coté l'Iran cherche a avoir le contrôle du détroit car proche géographiquement. Cette zone se militarise. L'armée des USA entoure l'Iran.

  • Conflits avec la mer de Chine du sud qui est un lieu territorial non encore bien défini. Conflit de territorialité.

  • Revendication de la Chine au pétrole africain, notamment du Soudan. Conflits entre deux zones pétrolières à cheval sur deux pays.

  • Conflit concernant l'accès au pétrole par la mer caspienne. L'Europe aimerait contrôle cette zone tandis que la Turquie a d'autres projets de pipe-plane.

 

La Russie exporte 95% de son pétrole en Europe mais elle aimerait exporter en Chine, par la mer.

 

Produit stratégique, les pays consommateurs contrôlent la production, le prix a un impact sur les barils mais pas sur la consommation. Ce qui se passera après ne dépend pas du pétrole. « L'âge de pierre n'a pas pris fin par manque de pierre ». On quittera l'age du pétrole lorsqu'on aura trouvé une énergie de substitution. Actuellement, seul le charbon peut se substituer au pétrole mais il pollue 4 fois plus.

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